J’aimerais faire une histoire, l’écrire. J’aimerais avoir une histoire à raconter. Ce serait un ensemble d’anecdotes sûrement où il y aurait moi qui pense derrière, qui pense à ça. Tu ne penses qu’à ça. Il y aurait une bande originale qui donnerait des coups de semonces, des éclats et tirerait à chacun son sanglot et son soupir.
Mon texte serait exposé en bribes explosées sur facebook, sur twitter, sur les forums où les gens se demandent ce que c’est que ça. L’un serait sourd à tout et surtout à moi, l’autre dingue de l’aventure du chat me prendrait en affection et lirait la suite avant de s’abonner. Ils seraient trois au total, l’autre ce serait ma mère, celle pour quoi je suis descendu des cieux pour trouver les langes, la seule qui m’autorise à déchoir quand elle imagine d’où je viens.
Sans cesse, je parlerais de la même chose mais un objet me fera pardonner. Il y aura une chaise dans un pub lorrain et la femme qui lui tourne le dos. Un piano poussiéreux mais numérique dominé par des percussions africaines qui crachent entre deux ménages le sable de leurs origines. Des livres qui, pressés, récupèrent leur virginité offrant le flan à l’œillade et la tranche à la caresse.
Ce serait l’univers des chronophages et j’apprendrais à compter, mesurer, déduire, réduire à ma taille, à la lettre. Un mot pour que je puisse voyager, me sortir de là. Une histoire pour qu’on se parle d’autre chose.
Harry Potter est un adolescent mais peut-être celui dont rêve ceux qui sont encore enfants. Ce n’est donc pas un prolongement de la tempétueuse adolescence que portent
nos adultes armés de baguettes et de clémence mais plutôt une offrande malvoyante à l’enfant plus loin et plus avant.